Des dizaines de lieux. Des milliers de destins. Un vaste système de terreur et de travail forcé.
Au-delà des portes les plus connues se trouve une histoire que la plupart des visiteurs n'apprennent jamais. Nous allons vers les sous-camps oubliés et vers des lieux habituellement fermés, et nous rendons leur place aux gens et aux faits que le grand récit sur Auschwitz laisse de côté.
La Judenrampe. Un wagon de marchandises historique sur la rampe où furent déchargés, de 1942 à la mi-1944, les convois venus de toute l'Europe. Photo : Auschwitz Subcamps.
La Zone d'intérêt, ce sont quarante kilomètres carrés que l'occupant allemand a vidés de leurs habitants autour d'Auschwitz et de Birkenau. Au-delà, dans toute la Haute-Silésie, s'est étendu un réseau de sous-camps auprès des mines, des aciéries et des usines. Les traces de beaucoup de ces lieux ont survécu jusqu'à aujourd'hui, le plus souvent sans plaque et sans visiteurs. Il faut s'y rendre pour comprendre comment ce système fonctionnait et pour rendre hommage à ceux qui y ont travaillé et y sont morts.
La rampe ferroviaire entre Auschwitz I et Birkenau. De 1942 à la mi-1944, les convois venus de toute l'Europe y furent déchargés, et c'est ici, et non à la porte célèbre, que se déroulaient alors les « sélections ». Un wagon de marchandises historique de cette époque est posé sur la voie. Cinq cents mètres à vol d'oiseau la séparent de la porte de Birkenau, un kilomètre et demi d'Auschwitz I, et pourtant elle reste à l'écart de la route que parcourent chaque année plus d'un million de visiteurs. Chacun de nos programmes commence précisément ici.
De vastes entrepôts de vivres juste à côté de la rampe, en allemand Kartoffellagerhalle. C'est d'ici que tout le complexe était approvisionné : le camp principal, Birkenau et les sous-camps. Ce lieu montre ce que l'on ne voit pas depuis l'enceinte du musée. Auschwitz était aussi une entreprise, avec des livraisons, des magasiniers, des normes et une comptabilité, et les rations des détenus y étaient un poste fixé d'en haut, au-dessous du seuil qui permettait de survivre.
L'établissement où l'on mettait en saumure le chou et les légumes destinés au camp. Des détenues y travaillaient devant d'immenses cuves en béton, de longues heures par jour, dans l'eau et dans le froid. Sur le papier du camp, un travail léger ; en réalité, un travail qui les détruisait. Nous marchons entre les bâtiments conservés et montrons ce qui se trouvait où.
En juin 1942, après l'évasion d'une détenue, les SS imposèrent la responsabilité collective et transformèrent le kommando en compagnie disciplinaire de femmes. À l'automne 1942 s'y produisit un crime dont presque personne n'a entendu parler en dehors de la littérature spécialisée, et qui compte parmi les plus sanglants de toute l'histoire du camp. Le bâtiment conservé, avec une exposition, se dresse à l'écart dans un champ, loin de toute route touristique.
Une exposition dans l'un des bâtiments de l'ancienne mine de Jawiszowice, consacrée au camp créé pour le groupe IG Farben lors de la construction de l'usine de caoutchouc synthétique. Monowitz est le visage industriel d'Auschwitz. Ici, tout se décidait par le calcul : ce que coûte un travailleur, combien de temps il tient et à partir de quand il revient moins cher de le remplacer que de le nourrir.
À quatre cents mètres à vol d'oiseau de la porte « Arbeit macht frei » les SS buvaient de la bière, regardaient des films et organisaient des combats de boxe. Himmler prit la parole dans ce bâtiment. À côté, sur les voies par lesquelles arrivèrent les premiers convois vers Auschwitz, se dresse un wagon de marchandises historique.
Un musée public consacré à ce que firent les habitants de la région d'Oświęcim pendant que le camp fonctionnait à côté d'eux : la résistance, la contrebande de vivres et de médicaments, la sortie de messages clandestins, l'aide aux évadés. Près de deux mille noms de personnes qui ont apporté cette aide, au risque de la vie de familles entières, y sont documentés. La collection conserve la médaille des Justes parmi les nations de la famille Wrona de Nowa Wieś. La visite se fait uniquement avec un audioguide, en cinq langues.
La mine de Brzeszcze-Jawiszowice fut créée en 1903 et, après le retour de l'indépendance, elle était la seule mine de charbon d'État de la Deuxième République de Pologne. En août 1942, les SS installèrent un sous-camp à côté et envoyèrent pour la première fois dans l'histoire des camps de concentration allemands des détenus sous terre, au front de taille, pour extraire le charbon. Sept bâtiments ont été conservés, dont deux chevalements d'avant-guerre et des machines d'extraction des années trente. Quarante ans plus tard, le 15 décembre 1981, le personnel entama ici une grève contre l'état de siège et mille deux cent soixante-sept mineurs restèrent sous terre pendant deux jours. Le même puits, la même cage.
Le bâtiment conservé des bains du camp, avec une petite exposition, à environ cinq cents mètres de la mine. De là, on entre sur le terrain du sous-camp de Jawischowitz, l'un des plus grands de tout le système. Au plus fort, deux mille cinq cents personnes y étaient détenues. Aujourd'hui, un parc municipal occupe le site, et sa forme et ses limites reprennent encore le contour du camp.
Une exposition de dessins de Marian Kołodziej, détenu du premier convoi vers Auschwitz, numéro 432. Pendant un demi-siècle, il ne dit pas un mot sur le camp. Il ne commença à dessiner qu'après un accident vasculaire cérébral, au début des années quatre-vingt-dix, et ne s'arrêta plus jusqu'à sa mort. Il en est né un labyrinthe de plusieurs centaines de grands panneaux, que le visiteur ne traverse pas tant qu'il ne s'y faufile.
La maison où Rudolf Höss vécut avec sa femme et ses cinq enfants pendant toute la durée de son service à Auschwitz. Derrière le mur du jardin, à quelques dizaines de mètres des fenêtres des chambres, commençait le camp. C'est cette maison et ce jardin que le monde a vus dans le film « La Zone d'intérêt ». Après la guerre, Höss se cacha sous le nom de Franz Lang, fut reconnu, jugé et pendu à Oświęcim, à quelques centaines de mètres de son propre portail. Nous nous arrêtons devant la maison, à un bras de la clôture, et c'est là que nous achevons le récit de la Zone d'intérêt.
Oshpitzin est le nom yiddish d'Oświęcim. Avant la guerre, les Juifs représentaient plus de la moitié des habitants de la ville, et leur présence remontait ici à quatre cents ans. Après la guerre, une partie des survivants est revenue et a tenté de reconstruire une vie juive. Au fil des années, la plupart sont partis. Le musée et la synagogue préservée racontent une ville qui existait bien avant le camp et que le camp n'a pas remplacée. Le dernier habitant juif d'Oświęcim est mort en 2000.
Trois variantes d'une même journée
BProgrammes
Colonne B · 2
Nous conduisons trois programmes, et ils sont les mêmes pour tous ceux qui les réservent. Ils diffèrent par la durée et par ce sur quoi nous mettons l'accent. Chacun est conduit par notre guide, dans la langue du groupe, du premier au dernier arrêt. Le choix des lieux et la manière de raconter peuvent être adaptés à un groupe précis.
À chacun d'eux on peut ajouter un atelier animé par les médiatrices du Musée de la Mémoire des Habitants de la Terre d'Oświęcim, dans les salles du musée et dans l'exposition permanente. Voir les quatorze thèmes →
Le programme est le même pour tous ceux qui partent avec nous. La suite dépend de qui le réserve et d'où il vient.
Le plus grand groupe de nos clients
Tour-opérateurs et organisateurs
Vous amenez des groupes constitués à Cracovie et à Oświęcim et vous cherchez ici une journée que votre client ne trouvera pas dans l'offre standard. Nous prenons le groupe devant l'hôtel, nous nous adaptons à votre programme et nous travaillons à des tarifs nets qui laissent la place à votre marge.
Vous partez en groupe entier et vous réglez la journée entière, pas des billets. Nous adaptons le déroulé à l'âge des participants et à ce autour de quoi le voyage est construit. Nous envoyons le devis sous un jour ouvré.
Comment le système d'Auschwitz s'est étendu. Dates de création, employeurs et effectifs d'après le projet Re-Finding the Sub Camps of Auschwitz (Tiergarten4Association). Deux sous-camps sont hors du cadre : Brünn à Brno et 2 SS Bauzug, le train de construction des SS à Stuttgart et Karlsruhe ; tous deux sont signalés en bas de la carte. L'animation montre les 45 camps l'un après l'autre, dans l'ordre de leur création.
Les institutions avec lesquelles nous travaillons · Colonne E · 5
Nous ne travaillons pas seuls. Nous conduisons les programmes avec les institutions qui prennent soin de ces lieux, les ouvrent aux visiteurs et veillent à la mémoire des victimes. C'est grâce à leur travail qu'une partie des bâtiments de notre parcours a survécu et que l'on peut y entrer aujourd'hui.
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